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La surveillance des systèmes de paiement

La Banque Centrale du Congo veille au bon fonctionnement, à la sécurité, à l'efficience et à la solidité des systèmes et moyens de paiement opérant en RDC. Cette page présente le périmètre de cette surveillance, ses domaines et ses activités.

Infrastructures des marchés financiers

Systèmes de paiement et de règlement agréés, leurs opérateurs, leurs opérations et leurs participants.

Moyens de paiement

Instruments de paiement et schémas qui les soutiennent.

Prestataires de services

Prestataires de services de paiement (PSP) et prestataires de services critiques (PSC).

Périmètre de la surveillance

Les responsabilités de surveillance de la Banque Centrale du Congo sont établies par la Loi n°18/019 du 09 juillet 2018 et la Loi organique n°18/027 du 13 décembre 2018. En particulier, la première détermine que les systèmes et instruments de paiement sont soumis à l’autorité et à la surveillance de la BCC, et la seconde donne à la BCC le pouvoir de réglementer et de contrôler tous les systèmes de paiement et de règlement opérant en RDC et, en plus, elle détermine que la BCC peut prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer de leur bon fonctionnement, leur sécurité, leur efficience et leur solidité.

En rapport avec les dispositions légales ci-dessus, la BCC est, présentement, dans le processus de concevoir un cadre de travail pour la mise en place de la surveillance. Le but de la BCC est d’établir les principes et les pratiques pour surveiller le système national de paiement et se doter des capacités voulues pour assurer une telle responsabilité. Le cadre de politique de surveillance (oversight Policy Framework) adopté par la BCC identifie les objectifs, les instruments, la méthodologie, les standards et les outils pour réaliser la surveillance. Il est articulé dans les lignes directrices opérationnelles pour les unités des directions de la BCC et les équipes chargés de réaliser les activités et les tâches de surveillance.

En terme de périmètre, la surveillance s’applique à l’ensemble des Infrastructures des Marchés Financiers agréées, y compris leurs opérateurs, les opérations et leurs participants, qu’il s’agisse de ceux dont la BCC assure la gestion ou de ceux gérés par des systèmes exogènes. Cette Surveillance couvre également les instruments de paiement et les fournisseurs des services critiques.

La surveillance des infrastructures des marchés

La BCC désigne les systèmes aux fins de la surveillance, sur la base de critères donnés et soumet les entités désignées à des exigences de surveillance d'intensité différente, selon leur degré de risque. Les entités les plus exposées aux risques ou les plus susceptibles de les provoquer nécessiteront une surveillance relativement plus intensive. La BCC rend publique et met régulièrement à jour la liste des entités désignées.

La BCC fixe des critères pour désigner les systèmes de paiement qui, selon son propre jugement, sont réputés être de :

Importance systémique
systèmes utilisés pour la compensation, le règlement ou l'enregistrement de paiements, de titres ou d'autres transactions financières, qui sont exposés au risque systémique ou qui peuvent causer un risque systémique c'est-à-dire le risque que le manquement d'un participant à ses obligations dans le système entraîne l'incapacité des autres participants à remplir leurs obligations, ce qui provoque une réaction en chaîne. Suivant ce critère, les systèmes de transfert de gros montants (par exemple, un système de règlement brut en temps réel) seraient désignés comme "d'importance systémique" ;
Critique
systèmes qui ne sont pas importants sur le plan systémique, mais dont les perturbations ou les défaillances sont susceptibles de présenter des risques pour l'activité économique du pays et d'affecter la confiance du public et/ou la réputation de la BCC. Selon ce critère, un système de cartes de crédit pourrait être désigné comme un système "critique" ;
Mineur
systèmes qui ne sont pas considérés comme importants ou critiques sur le plan systémique, mais qui peuvent néanmoins avoir une importance pour la confiance du public. L'objectif de l'intervention de la BCC dans cette catégorie sera de maintenir la confiance dans ces systèmes et d'éviter les risques de réputation, juridiques, opérationnels et stratégiques. Un système de paiement en ligne relèverait de cette catégorie (à moins et jusqu'à ce qu'il soit largement utilisé au niveau national). ;
Fermé
ces systèmes ne sont pas considérés comme importants aux fins de la surveillance. Il s'agit, par exemple, des services basés sur des instruments qui peuvent être utilisés pour acquérir des biens ou des services uniquement dans les locaux utilisés par l'émetteur ou dans le cadre d'un accord commercial avec l'émetteur, soit au sein d'un réseau limité de fournisseurs de services, soit pour une gamme limitée de biens ou de services, des réseaux limités (par exemple, les réseaux de stationnement « Parking ») qui adoptent des cartes qui ne peuvent être utilisées dans aucun autre système, ou des réseaux qui servent des services non financiers comme la livraison de biens ou de services subventionnés. Ces systèmes (appelés « systèmes en boucle fermée ») impliquent souvent l'utilisation de cartes prépayées...

La surveillance des moyens de paiement

Les instruments de paiement impliquent la prise en compte du "schéma" qui les soutient. L'expression "schéma de paiement" désigne un organe de gouvernance qui fixe les règles formelles et les normes techniques pour l'exécution des transferts de valeur entre les utilisateurs d'un instrument de paiement spécifique (généralement électronique) et en utilisant les systèmes de paiement sous-jacents.

Les schémas de paiement gèrent les opérations quotidiennes des systèmes ainsi que les processus de paiement et veillent à ce que toutes les exigences réglementaires associées au traitement des paiements soient respectées. Un schéma de paiement offre généralement des services de transfert de fonds entre les parties, dispose d'une structure de gouvernance, agit en tant que dépositaire des règles et des normes techniques de fonctionnement du schéma, dispose de critères d'accès et est responsable de son fonctionnement pour se conformer aux exigences réglementaires.

Les règles et procédures de chaque schéma de paiement peuvent être considérées comme un "manuel d'instructions" qui détermine comment l'argent est transféré entre les parties au sein du système et de l'infrastructure de paiement sous-jacent. Lesinstruments de paiement (tels que les cartes, lestransferts de crédit, les prélèvements automatiques et la monnaie électronique) sont des instruments non cash avec lesquels les utilisateurs finaux des systèmes de paiement transfèrent des fonds entre des comptes dans des banques ou d'autres institutions financières.

Le processus d'exécution des opérations de paiement au moyen d'un instrument donné nécessite le consentement du payeur pour exécuter une opération de paiement donnée au moyen de tout dispositif de télécommunication, numérique ou informatique. Le paiement est effectué au moyen de l'instrument à travers un opérateur de télécommunication, des systèmes informatiques ou des réseaux. L'opérateur des télécommunications agit en tant qu'intermédiaire entre l'utilisateur du service de paiement et le PSP

A la faveur d’une mission explicite lui assignée par le législateur, La Banque Centrale du Congo, exerce la surveillance des moyens de paiement à travers :

  1. l’analyse des menaces auxquelles les moyens de paiement sont susceptibles d’être confrontés;
  2. la définition des exigences minimales de sécurité, en concertation avec la place;
  3. la mise à niveau du cadre juridique régissant les moyens de paiement;
  4. la veille sur l’application et le renforcement des normes de sécurité;
  5. la lutte anti-fraude;
  6. le suivi du panorama des moyens de paiement scripturaux en circulation;
  7. l’élaboration des statistiques consolidées des moyens de paiement échangés en inter et en intra bancaire.

La Banque Centrale du Congo procède au contrôle permanent des instruments de paiement sur la base des documents transmis par les émetteurs de moyens de paiement ainsi qu'à un contrôle sur place, exercé périodiquement à l’occasion de missions conduites au sein des établissements assujettis.

Principes généraux pour la surveillance des moyens de paiement

La surveillance des prestataires de services de paiement et connexes

La BCC est chargée, conformément à la loi, de surveiller les activités des entités bancaires et non bancaires qui ont été agréées pour opérer comme participant dans le SNP. Ces entités comprennent toutes les banques et les institutions financières non bancaires qui opèrent en tant que participants au(x) système(s) de paiement et comme Prestataires de Services de Paiement (PSP) fournissant des services de paiement ou des services liés aux paiements aux participants et/ou les utilisateurs du SNP (voir les définitions à la section II).

Certains prestataires de services liés aux paiements peuvent agir en tant que "prestataires de services critiques" (PSC), du fait qu'ils sont essentiels au fonctionnement des infrastructures du SNP, de telle sorte que la fiabilité opérationnelle de ces infrastructures dépend de leur fonctionnement continu et adéquat.

Il est important de noter que les PSP peuvent être considérées sous deux angles. L'un des angles est celui de participant à un ou plusieurs systèmes de paiement. Dans ce cas, le surveillant se concentre sur les systèmes dans lesquels les PSP participent et sur les risques qu'ils peuvent faire courir à ces systèmes. L'autre angle est celui de prestataire des services aux utilisateurs. Dans ce cas, le surveillant se concentre sur les utilisateurs et les risques que les PSP peuvent leur faire courir.

L'étendue de la surveillance des PSP dépend de l'angle sous lequel les PSP sont considérées. La surveillance des PSP en tant que participants aux systèmes de paiement est proportionnelle et basée sur les risques. Cela signifie que les exigences de la BCC en matière de surveillance sont guidées par des considérations relatives aux risques posés par les PSP pour la sécurité et l'efficacité des systèmes dans lesquels ils participent. Suivant ces considérations, tous les PSP actifs dans un système de paiement ne sont pas nécessairement pertinents du point de vue de la sécurité et de l'efficacité du système, et en particulier du point de vue de son exposition, de sa robustesse et de sa résilience aux chocs systémiques.

Par conséquent, la surveillance des PSP est sélective, c'est-à-dire qu'elle se concentre uniquement sur les PSP qui peuvent affecter la performance du ou des systèmes de paiement où ils participent, tout en gardant une approche légère pour les PSP moins importants. Ainsi, l'intensité de la surveillance est proportionnelle et reflète le profil de risque de chaque PSP.

Les activités de la surveillance

La BCC exerce un contrôle sur l’intégrité́ et l’intégralité́ des systèmes, en contrôlant leur fonctionnement et leurs infrastructures techniques notamment les solutions de secours.

La BCC évalue également la pertinence des règles de fonctionnement de chaque système par rapport aux objectifs de surveillance définis dans sa Déclaration de la Politique de Surveillance.

1. Désignation des systèmes, des PSP & PSC

La BCC publie les critères utilisés pour désigner les systèmes, les PSP et les instruments ainsi que toute modification apportée à ceux-ci. Le BCC examine périodiquement et publiera la liste des systèmes, des PSP et des instruments désignés, en fonction des évolutions observées dans le système national de paiement.

La BCC soumet les entités désignées à des exigences de surveillance d'intensité différente en fonction de leur degré de risque. Les entités plus exposées aux risques ou plus susceptibles de les provoquer nécessite une surveillance relativement plus intensive.

La BCC publie et met régulièrement à jour la liste des entités désignées.

2. La collecte et le reporting des informations (contrôle sur pièce et sur place)

La BCC réalise la collecte d’informations sur base des sources écrites notamment les statistiques de fonctionnement des systèmes, les rapports financiers, le rapport sur la fraude, les règles et procédures, les comptes rendus de gestion ainsi que les rapports d’audit communiques par les opérateurs des systèmes et/ou les émetteurs d’instruments de paiement sur une fréquence donnée.

En ce qui concerne le reporting d’informations, la BCC demande aux participants des informations précises à différentes étapes du processus de paiement. Ces informations concernent notamment le volume et la valeur des transactions, les types de messages de paiement, le coût des services, les délais de règlement, la durée des paiements en file d’attente et les incidents de fonctionnement. Dans le cas des instruments de paiement, la BCC peut également obtenir des informations particulières auprès des accepteurs.

Ces informations lui sont transmises à travers un cadre de reporting régulier à communiquer aux assujettis. Il s’agit du contrôle sur pièce.

La BCC effectue un contrôle sur place, au besoin, pour approfondir certaines informations sur le fonctionnement des systèmes et l’utilisation des instruments de paiement.

Elle peut également effectuer ce contrôle en cas d’admission de nouveaux participants, de demande d’agrément d’un opérateur de système ou d’autorisation des solutions de paiement, des fournisseurs des services critiques et de nouveaux instruments de paiement.

3. Surveillance hors site

La surveillance implique un processus intensif de gestion des informations. Les informations nécessaires sont de nature qualitative ou quantitative, et elles peuvent être demandées de manière ponctuelle ou périodique (régulière).

La BCC est consciente que l'approche des données par les surveillants des systèmes de paiement et les superviseurs financiers a de profondes implications sur l'efficacité de leur travail et sur celui des institutions qui fournissent les données. La collecte d'informations est une activité coûteuse pour les autorités de surveillance et les superviseurs ainsi que pour les institutions déclarantes, en particulier lorsque les besoins en information changent de plus en plus rapidement pour refléter les évolutions du marché et de la réglementation.

La collecte d'informations est encore plus difficile lorsque la même institution est appelée à fournir des informations à plusieurs organismes, comme c'est le cas, par exemple, lorsque les PSP sont des banques, des institutions micro-financières, des sociétés de Fintech et d'autres institutions financières ou non financières qui peuvent être réglementées et supervisées par des organismes autres que

4. Surveillance sur site des PSP et des PSC

La surveillance des PSP et des PSC peut nécessiter l'inspection sur place des établissements et des locaux des PSP et des PSC, ce qui constitue un moyen important de compléter les informations nécessaires à la surveillance de leurs activités. La surveillance sur place fera partie du plan de travail stratégique que la BCC préparera pour chaque PSP et PSC désigné, et la Banque Centrale planifiera, organisera, coordonnera et supervisera les activités et les équipes de surveillance sur place. Les objectifs de la surveillance sur place seraient les suivants:

  1. évaluer les risques applicables aux PSP et aux PSC ;
  2. évaluer les politiques et les procédures de contrôle et d'atténuation des risques mises en place par les PSP/PSC ;
  3. évaluer la conformité des PSP/CSP avec les lois et règlements applicables ;
  4. fournir des recommandations et des mesures correctives.

5. L’incitation au changement

Après avoir recueilli et analysé les informations sur la conception et le fonctionnement d'un système ou d'un instrument particulier, la BCC pourrait, dans certains cas, conclure qu'un changement est nécessaire pour atteindre des niveaux plus élevés de sécurité et d'efficacité des systèmes de paiement et de règlement. Les outils dont dispose la BCC pour induire le changement varie considérablement, allant de la persuasion morale, des accords volontaires et des déclarations publiques, des pouvoirs statutaires pour faire appliquer les décisions de surveillance.

La persuasion morale
Les discussions avec les opérateurs et les participants au système joueront un rôle important dans la réalisation des objectifs de surveillance. La force de persuasion de la BCC dans ses discussions (souvent appelée "persuasion morale") dépendra, en premier lieu, de la qualité et de l'efficacité de son suivi, de ses évaluations et des prérogatives reconnues à la BCC. L'un des avantages de la persuasion morale en tant qu'outil est qu'elle encourage la BCC à présenter des arguments clairs et convaincants en faveur du changement.
Déclarations publiques
Les déclarations publiques seront un autre outil à la disposition de la BCC pour sa politique de surveillance. La BCC publiera son cadre de politique de surveillance, principalement dans l'intérêt de la transparence et de sa responsabilité, mais aussi parce que ces déclarations publiques peuvent influencer les parties prenantes et aligner leurs attentes sur les objectifs de la BCC. En particulier, une déclaration sur les objectifs de la BCC, les exigences spécifiques ou les normes fixées pour les systèmes ou les instruments peut encourager les parties prenantes à établir leur propre jugement lors de la conception et du fonctionnement du système ou de l'instrument et, par conséquent, créer une pression en faveur du changement, si nécessaire.
Participation à la gouvernance des systèmes
Un autre moyen d'influence sera la participation officielle de la BCC à la gouvernance des systèmes. La BCC pourrait être (co)propriétaire du système ou d'une partie de celui-ci (y compris en tant qu'observateur officiel) par accord ou en vertu des règles régissant le système. Ce canal d'influence peut prendre la forme de vote d'actionnaire dans les mêmes conditions que les autres propriétaires, d'un veto sur les décisions clés, ou simplement d'un "siège à la table des directeurs" avec accès aux informations exclusives et une possibilité de faire valoir son point de vue. Plus généralement, la participation de la BCC aux systèmes lui permettrait d'obtenir des informations directes sur le fonctionnement des systèmes. Toutefois, si et quand la BCC a recours à ce canal d'influence, elle devra faire preuve de transparence quant au rôle qu'elle jouera et au fait que ses objectifs de politique publique peuvent différer des objectifs des autres actionnaires ou participants.
Coopération avec d'autres autorités et parties prenantes
La BCC coopérera avec d'autres autorités publiques et parties prenantes (par exemple, par l'intermédiaire du CNP) pour apporter des changements au SNP.
Pouvoirs statutaires pour exiger des changements
La BCC sera prête à utiliser sa vaste gamme d'outils pour s'acquitter de ses responsabilités dans diverses circonstances. Sur la base de ses pouvoirs statutaires, elle pourra directement exiger des entités des SNP qu'elles se conforment à ses exigences. Outre les pouvoirs d'obtenir des informations et d'effectuer des inspections sur place, les pouvoirs statutaires comprennent la capacité de délivrer et de révoquer les agréments, les autorisations et les accords.
Mise en œuvre et sanctions
L'utilisation de tout outil visant à induire le changement est lié à la question des mesures que la BCC pourrait prendre au cas où les entités du SNP ne se conformeraient pas à ses exigences. Comme elles disposent généralement de divers outils, une possibilité est que les surveillant utilisent (ou menacent d'utiliser) un outil qui a un impact plus important que celui qu'ils utilisent normalement (par exemple, la persuasion morale). Toutefois, une possibilité supplémentaire est que les entités soient sanctionnées ou poursuivies en justice si elles ne se conforment pas aux directives du surveillant.